Le réseau de chaleur sur de bons rails
a ville de Brive va verser 1,32 million d'euros d'indemnités à Cofely, alors que l'entreprise initialement retenue pour mettre en place le réseau de chaleur urbain lui réclamait 5,7 millions (*).
Un accord a pu être trouvé avec la collectivité et Coriance, le nouveau délégataire de service public. Cofely reste intégré au dispositif, en construisant une centrale de cogénération avenue Alsace-Lorraine. S'agit-il d'une bonne affaire pour la ville ? Majorité et opposition n'ont pas la même lecture du dossier.
Un projet ambitieux de production de chaleur (octobre 2016)
Une somme qui "sera remboursée"
Pour Frédéric Soulier, « un bon accord vaut mieux qu'un mauvais procès ». Le maire voit le verre à moitié plein en soulignant que la collectivité ne paiera « que » 1,3 million à Cofely. Il affirme qu'à terme, cette somme sera remboursée grâce à la redevance négociée dans le cadre de la délégation de service public (DSP) qui devrait rapporter 5,5 millions d'euros à la Ville.
Frédéric Soulier estime par ailleurs que la négociation a permis d'améliorer le projet initial, en ajoutant une unité de cogénération avenue Alsace-Lorraine, dont Cofely aura la charge. Selon le maire, l'impact de cette « nouvelle brique » fera baisser le prix de l'électricité produite. « L'économie sera d'une centaine d'euros par an pour une famille », affirme-t-il.
Pourquoi signer ce chèque ?
« Ce nouveau projet valait-il la peine que la Ville débourse 1,37 million d'indemnités ? », s'est interrogée Patrica Bordas (LREM). Pour Frédéric Filippi, la réponse est non. L'élu socialiste dénonce un « choix politique. On ne peut pas dire qu'on a trouvé une ville endettée et signer un tel chèque ».
L'élu d'opposition est revenu sur le projet de la précédente municipalité qui, selon lui, tenait la route : « La première délégation de service public aurait servi à irriguer l'est de la ville. Ensuite, nous aurions lancé un projet de méthanisation à l'ouest de Brive ».
Une réflexion qui a eu le don de « chauffer » le maire. « L'ancienne majorité n'a jamais parlé de méthanisation. Ce que vous vouliez faire, ce n'était rien de plus qu'une chaufferie de quartier ! ».
(*) Globalement, Cofely réclamait 6,7 millions mais la ville a négocié un « ticket d'entrée » dans le projet avec Coriance, à hauteur de 1 million d'euros.
Comprendre le projet : repères
2010
La majorité de Philippe Nauche lance une consultation portant sur la construction et l’exploitation durant 30 ans d’une chaufferie bois développant un réseau de chaleur pour des équipements publics dont l’hôpital et des logements des Chapélies. Elle est prévue à Bel Air.
2012
La délégation de service public est attribuée à Engie Cofely. Le projet est contesté par des riverains qui se constituent en association. Des recours sont intentés tant sur la DSP que sur le permis de construire. Les travaux sont suspendus dans l’attente des décisions judiciaires.
2014
La nouvelle équipe municipale abandonne le projet en lui donnant une dimension industrielle Elle l’installe en zone ouest. La DSP est résiliée. Cofely estime son préjudice à 6,7 M€.
2016
Coriance est choisi comme le nouveau délégataire pour un projet biomasse de 28 M€.
2017
Le 1er août, un accord amiable est trouvé avec Cofely.
Novembre 2018
Livraison prévue du réseau de chaleur souterrain.
Novembre 2019
Mise en service de l’unité de cogénération.
Tanguy Ollivier
